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le plus souvent l'apparence d'une sculpture animée ou d'une réalisation
matérielle accomplissant un travail, l'œuvre cybernétique est une forme
capable de muter en fonction d'informations extérieures préprogrammée
à cet effet, ce en quoi elle échappe par vocation à la catégorie créée
par l'art cinétique, qui envisage le mouvement hors de toute considération
d'animation programmée. Bref, un croisement audacieux entre mathématique,
cinétisme et électromécanique, à des fins d'actions et non de contemplations.
Prolongeant l'âge mathématique de l'art en y additionnant la machine,
l'âge cybernétique occupe sans discontinuer toute la seconde moitié
du XXe siècle.
3. Le computer art et autres technologies6. Les premières manifestations artistiques utilisant l'ordinateur remontent aux années 1950 et au début des années 1960 quand, notamment aux Etats-Unis et en Allemagne, des expérimentations artistiques avec des oscillographes cathodiques et des ordinateurs analogiques ont eu lieu, suivies, à partir de 1965, par des œuvres utilisant des calculateurs numériques. Ces expérimentations vont permettre l'animation des images. Il faut citer comme artistes John Withney bien que sa première œuvre artistique faite par ordinateur (dans un contexte musical) ait déjà été réalisée en 1959, Lilian F. Schwarz plasticienne et artiste vidéo qui réalise son premier film sur ordinateur en 1970 Pixillation, invente une technique d'édition qui lui permet de mélanger des images calculées par l'ordinateur et des images animées manuellement et Kenneth Knowlton qui réalise avec L. F. Schwarz Olympiad, un film d'animation inspiré des études sur le mouvement de Eadweard Muybridge. Les premières œuvres réalisées sur l'ordinateur ont tout d'abord semblé décevantes car ce sont des ingénieurs créateurs de logiciels qui ont tenté de réaliser des œuvres d'art. Ne connaissant ni l'histoire de la peinture ni les derniers développements des arts plastiques, ils ont cherché à copier le réel, à recréer sur les écrans des images authentiques. Les œuvres produites ne mettaient en avant que les performances de l'outil et la puissance de calcul des machines. L'américain A. Michael Noll, chercheur travaillant pour les laboratoires Bell, dans le New Jersey (Etats-Unis), commença à produire des images abstraites par ordinateur, comme Gaussian-Quadratic (1963), œuvre qui évoquait pour lui le cubisme de Picasso. Noll lui-même évoqua les questions d'ordre esthétique que posait l'art informatique à ses débuts. * * * 6 Voir F. FOREST, Après l'art contemporain. Pour un art actuel : l'art à l'heure d'Internet, coll. Ouverture philosophique, éd. L'Harmattan, 1998. Voir Catherine MILLET, l'art contemporain en France, Paris, éd. Flammarion, 1995. Page 173 à 184. Voir Abraham MOLES, Art et ordinateur, Paris, Blusson, 1990 (deuxième édition). Voir Edmond COUCHOT, La technologie dans l'art. De la photographie à la réalité virtuelle, Nîmes, éd. Jacqueline Chambon, 1998. page 13 >> |