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Cet artiste ne cherche pas à s'opposer au copyright mais expérimente la posture du créateur d'une œuvre dont le sens se cristallise dans la manière dont les visiteurs du réseau s'en emparent pour la transformer, pour lui donner vie en quelque sorte. L'artiste devient l'auteur d'une 'situation processuelle' beaucoup plus que d'une œuvre aboutie. L'idée qu'un internaute s'empare d'un programme pour le manipuler chez lui et l'utiliser de façon personnelle est, par exemple, d'un très grand intérêt pour Makoto Yoshihara : " j'aime imaginer quelqu'un que je ne connais pas, en train de composer des sons avec mes outils quelque part dans le monde50". Ce que permet le téléchargement par rapport à un objet d'art que l'on déplacerait d'un musée à l'autre pour le rendre visible au public, c'est la possibilité pour de nombreuses personnes de par le monde de s'approprier en même temps une œuvre qu'il pourra utiliser et manipuler de toutes les façons qu'il souhaite. 3.2. La notion de l'objet dans le cyberespace. Le Net art est le terme généralement employé pour désigner les œuvres qui prennent l'Internet comme support. Un monde virtuel où l'immatérialité est à son paroxysme. Les œuvres numériques sont un ensemble de bits*, des 0 et des 1 alignés qui forment de façon virtuelle une image ou toute autre représentation sans corps. Le Net art consacre la disparition de l'objet comme but ultime de la production artistique. L'information fluide, volatile, est devenue la matière de l'art. Sa mise en forme, son codage, en est l'enjeu esthétique et formel. Pour Fred Forest, il n'est pas question d'objets, ce n'est pas possible. " La construction de sens n'est pas chose nouvelle dans le propos de l'art. Ce qui est nouveau par contre c'est qu'elle s'effectue maintenant dans un espace (matériel-immatériel) à l'aide de différents agents-médias-langages qui s'hybrident et s'offrent ainsi à l'interprétation du spectateur. Les œuvres se donnent à voir sous une forme purement ponctuelle. Leur hétérogénéité ou leur immatérialité ne permettent pas de les fixer dans des 'objets' constitués, fixes, stables et immuables.51" Par le biais du téléchargement, Téléférique joue sur ce concept d'immatérialité, " Téléférique cultive un paradoxe de l'objet au sein du cyberespace. Les fichiers à télécharger ont un poids en octets qu'ils occupent sur l'ordinateur de celui qui les acquiert. Téléférique permet de se constituer une multimédiathèque52". Bien que les œuvres numériques soient un ensemble de codages, le fait de les acquérir suggère pour Téléférique une matérialité. Bien que la matérialisation n'est alors qu'une surface de visibilité, le détenteur a pris l'initiative de remplir l'espace de son ordinateur par des œuvres qu'il peut manipuler, sauvegarder ou détruire quand il veut. *
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