Sébastien est tranquillement assis chez lui à lire le journal. La télé marche en sourdine et l’ordinateur portable diffuse les ondes FM d’une station radio suisse. Quelqu’un frappe à la porte. Le jeune homme se lève et va ouvrir.
Personne dans le couloir ni dans l’escalier. Seule une boite de carton est posée sur le paillason. Sébastien la ramasse et retourne dans l’apparte. Il ouvre précautionneusement le paquet au cutter.
A l'intérieur, sous les couches de papier d’emballage, un revolver pour enfant et un grand nombre d’amorces. Pas de mot, pas d’explication, aucun indice de provenance. Il regarde ce « cadeau », ne sachant pas quoi penser.
Manipulant l’objet, Sébastien charge une série d'amorces. Il tire dans tous les sens, sur les objets de son appartement, sur la télé, l'ordinateur, la fenêtre, etc. Au bout de quelques secondes il s’assied, observant toujours l’objet dans son emballage improvisé. Il prend une feuille de papier et calcule le nombre de tirs potentiels. Puis lit le résultat à haute voix en ricanant : "480 coups".
Sébastien charge à nouveau l'arme factice. Cette fois il tire sans viser, à intervalle régulier, jouant sur des rythmes différents et parcourt l’espace de l’appart comme pour en tester la résonance. Trois chargeurs plus tard il repose l’engin d’un air las, et retrouve sa lecture...
Cut.